Ignorer les commandes du Ruban
Passer au contenu principal
.
Rechercher une oeuvre

Jean-François Bony, l’artiste au service de Leurs Majestés

Description Chefs d'oeuvres Commentaires

Jean-François Bony, dessinateur de fabrique, brodeur, fabricant d’étoffes de soie et peintre de fleurs est né le 24 février 1754, à Givors, de Nicolas Bony, maître boulanger, et d’Antoinette Mussieux. Après un apprentissage chez Nicolas Peillon, il suit, à l’âge de vingt-cinq ans, une formation de dessinateur de fleurs et d’ornements à l’école gratuite de dessin de Lyon avant probablement d’enrichir son expérience à Paris. À son retour à Lyon, il semble qu’il a travaillé comme dessinateur de fabrique et comme brodeur, activités qu’il a menées en parallèle toute sa vie, au sein de la manufacture de Marie-Olivier Desfarges, notamment pour un projet de meuble destiné à la chambre d’apparat de la reine Marie-Antoinette au château de Versailles. En 1789, il est connu pour avoir pris part à différentes émeutes dans sa ville natale.

En 1792, il épouse, à Givors, Jeanne-Marie Drevet (1764-1846).

Après la Révolution, Jean-François Bony poursuit sa carrière de brodeur, peut-être dans les ateliers de Rivet à Lyon. Ainsi, a-t-il probablement contribué à la réalisation d’une « robe de mousseline française, brodée en soie et dorure, sans envers, imitant parfaitement les belles broderies des Indes » qui valut, au fabricant Camille Pernon une Médaille d’or à l’issue de l’Exposition des produits de l’industrie dans la cour carrée du Louvre en l’an X (1802).

C’est probablement à cette occasion que la collaboration de Jean-François Bony avec Camille Pernon a commencé. En effet, plusieurs des esquisses présentes dans le carnet de dessins de l’artiste conservé au musée des Tissus concernent des étoffes commandées à Camille Pernon en l’an X par le Premier Consul pour ses appartements et les pièces d’apparat au palais de Saint-Cloud et pour les appartements de Joséphine Bonaparte. Cette collaboration fut extrêmement fructueuse et permit à l’habile dessinateur de s’associer comme brodeur avec un certain Perrin, sous la raison commerciale Perrin et Bony, sise quai de Retz.

En 1804, Jean-François Bony envoie deux grands tableaux, Le Printemps et L’Été, au Salon de Paris en 1804, qu’il signe et date, précisant, sur le premier, qu’il est « D(essina)teur (à) Lyon ».

En 1805, il apparaît pour la première fois en tant que fabricant sous son propre nom lors de la visite de l’Empereur et de l’Impératrice à Lyon. Il est alors âgé de quarante-neuf ans. En 1806, à l’Exposition des produits de l’industrie française, il présente de remarquables broderies qui lui valent une Médaille d’argent de seconde classe. Il est le seul à être distingué pour la beauté de ses productions, et non pour le caractère innovant de la technique. Jusqu’à la mort de Camille Pernon, Jean-François Bony a fourni des dessins pour les meubles riches comme la tenture de la Salle du Trône de Versailles. Il s’ensuit une association avec la maison Bissardon, sous la raison sociale Bissardon et Cie, Bony et Cie, pour fournir les meubles des Chambres à coucher de l’Empereur au palais de Meudon et au palais des Tuileries.

En 1809, un autre ami cher décède, Jacques Barraband, professeur de la classe de fleurs à l’École des Beaux-Arts de Lyon. C’est lui, probablement, qui donne à Jean-François Bony le goût des oiseaux exotiques, perroquets, oiseaux-lyres ou oiseaux de paradis, extrêmement présents dans son œuvre après le décès de son ami. Bony assure alors gratuitement l’intérim de la classe de fleurs, jusqu’à l’arrivée d’Antoine Berjon à l’École des Beaux-Arts, en juin 1810. La même année, le conseil municipal passe commande à la maison Bony et Cie d’un manteau de satin blanc et d’une robe ronde de tissu argent fin brodés richement en dorure fine de modèle exclusif, pour être offerts par la Ville de Lyon à la nouvelle impératrice Marie-Louise à l’occasion de son mariage.

En parallèle, Jean-François Bony s’associe une nouvelle fois aux cousins Bissardon sous la raison sociale Bissardon, Cousin et Bony pour répondre aux commandes impériales visant à sortir la Fabrique lyonnaise de la crise de 1810 et destinées à l’aménagement du palais de Versailles, comme en témoignent son carnet de dessins, ainsi que plusieurs projets à la gouache conservés au musée des Tissus et au musée des Arts décoratifs. L’association des cousins Bissardon et de Jean-François Bony semble avoir duré jusqu’à la fin des Cent Jours. Au moment de la première Restauration, lors du séjour à Lyon de la duchesse d’Angoulême, et du premier séjour de Monsieur, frère du Roi, Bissardon et Bony sont toujours associés et présentent les productions de leur maison à leurs altesses royales.

En 1815, la maison signe un panneau au chiffre des « Pacificateurs de l’Europe », commémorant les signataires de la Sainte Alliance qui semble être le dernier témoignage de l’activité de la maison qui s’est probablement dissoute à la mort, en 1816, de Jean-Pierre Bissardon. Sous le règne de Louis XVIII, Jean-François Bony est cité, dans les comptes rendus des visites officielles, comme brodeur sous son propre nom. Il renoue aussi, comme dessinateur de fabrique, avec la maison Grand frères, successeurs de Camille Pernon. Plusieurs projets conservés au musée des Tissus montrent, en effet, qu’il est à l’origine, en 1817, des dessins pour la chambre de Louis XVIII au palais des Tuileries ou, en 1823, de ceux de la tenture pour le Salon des Princes au palais de Saint-Cloud. Pour cette dernière, Jean-François Bony ne séjournait plus à Lyon. Depuis 1820, il s’était en effet établi à Paris. Cinq ans plus tard, poussé au désespoir par la perte de sa fortune qu’il avait confiée à un associé, Jean-François Bony se suicida, à l’âge de soixante-et-onze ans. Sa veuve, Jeanne-Marie Drevet (1764-1846) se retira alors à Givors où elle vécut grâce au soutien de la famille Joannon-Verne, ses parents. La Ville de Lyon lui acheta des œuvres de son mari en 1829 et en 1844, afin de lui venir en aide financièrement.

Aucun commentaire

Déposer un commentaire

Les informations qui vous concernent sont destinées exclusivement au Musée des Tissus et musée des Arts décoratifs de Lyon. Vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données qui vous concernent (art. 34 de la loi "Informatique et Libertés").
Pour l'exercer, adressez-vous au Musée des Tissus et musée des Arts décoratifs, 34 rue de la Charité 69002 Lyon - France.

Visite interactive
30 Jean-François Bony, l’artiste au service de Leurs Majestés Situer sur le plan du MTMAD
Infos utiles Comment venir
Musée des Tissus et musée des Arts décoratifs, 34, rue de la Charité, 69002 Lyon - France Plan d'accès au MTMAD Horaires
Du mardi au dimanche
de 10 h à 18 h

Fermeture les lundis, jours fériés,
dimanches de Pâques
et de Pentecôte
Renseignements
- Téléphone : + 33 (0)4 78 38 42 00
- Télécopie : + 33 (0)4 72 40 25 12
- Mail : info@mtmad.fr
- www.mtmad.fr
- facebook
- pinterest