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L'Hôtel de Lacroix-Laval

​Contigu à l’hôtel de Villeroy qui accueille après la Seconde Guerre mondiale le musée des Tissus, l’hôtel de Lacroix-Laval, dans lequel est installé le musée des Arts décoratifs, est l’une des premières réalisations lyonnaises de Jacques-Germain Soufflot (Irancy, 22 juillet 1713-Paris, 29 août 1780), architecte de l’Hôtel-Dieu de Lyon ou du Panthéon à Paris.
Le 19 mai 1738, Jean de Lacroix-Laval (1705-1764), conseiller à la Cour des Monnaies de Lyon, achète à Jean Métral de Rouville, chevalier, seigneur de Sainte-Foy-L'Argentière, mousquetaire noir de la garde du Roi, un terrain situé sur le rempart d’Ainay, au 148, rue neuve de la Charité. Les liens d’amitié qui unissent le frère de Jean de Lacroix-Laval, l’abbé Antoine de Lacroix-Laval (1708-1781), trésorier de France à Lyon, vicaire général de l’archevêché et fondateur de l’école de dessin, et le célèbre architecte préside au choix de ce dernier, qui fournira les plans de la demeure. Cette attribution de la construction est fondée notamment sur un éloge de l’abbé prononcé à l’Académie de Lyon en 1785.
L’hôtel est édifié entre 1739 et le 10 mai 1754, selon un plan commun aux hôtels dits « à loyer » ou « de rapport », typologie architecturale qui apparaît au XVIIIe siècle à Paris et qui se répand sous le règne de Louis XVI. À la différence d’un hôtel particulier qui ne présente qu’un seul étage noble généralement au rez-de-chaussée, les trois niveaux sont ici de même hauteur ; l’escalier devient un organe de distribution à la fois public et privé et l’édifice propose une cour de service, flanquée d’écuries, de caves et d’une buanderie en sous-sol. Cet aspect du bâtiment confirme la tradition qui veut que Jean de Lacroix-Laval n’ait occupé que le rez-de-chaussée et loué les étages supérieurs.
À sa mort le 6 janvier 1764, son fils Jean-Pierre Philippe Anne en hérite mais la succession ne devient effective qu’à sa majorité en 1791. Ce dernier est guillotiné le 24 décembre 1793 sur la place des Terreaux pour sa participation au siège de Lyon.
Échappant aux destructions révolutionnaires promulguées par la Convention le 12 octobre 1793 qui prévoit que « la ville de Lyon sera détruite. Tout ce qui fut habité par le riche sera démoli. Il ne restera que les maisons des pauvres, les habitations des patriotes égorgés, les édifices spécialement employés à l’industrie, les monuments consacrés à l’humanité et à l’instruction publique » (article 3 du décret), l’hôtel est restitué le 4 mai 1794 à la famille de Lacroix-Laval et devient l’un des rares vestiges témoignant de l’habitat des nobles de l’Ancien Régime. Les descendants l’occuperont jusqu’en 1919, mais sur un seul étage, les autres étant loués à des particuliers.
Au lendemain de la Première Guerre mondiale, le 27 janvier 1919, il est acquis par la Société d’encouragement dédiée au développement des musées de Lyon et donné à la Chambre de Commerce, le 29 juin 1922 « en vue de créer à Lyon, un Musée lyonnais des arts décoratifs ». L’hôtel de Lacroix-Laval présente en effet une disposition particulièrement appropriée à l’installation d’un musée, puisqu’il bénéficie de la même hauteur sous plafond sur ses trois niveaux.
Dès 1923, la Chambre de Commerce lance une vaste campagne de travaux, visant à la restitution progressive de l’immeuble en laissant « à la vieille maison son caractère d’hôtel particulier » (Compte rendu des travaux de la Chambre de Commerce de Lyon, année 1925, Lyon, 1926, p. 543).
Ainsi, tous les volets extérieurs, exceptés ceux du rez-de-chaussée conservés pour raisons de sécurité, sont supprimés. Les fenêtres sont pourvues de petits carreaux de verre. Des appuis de fenêtres sont placés au premier étage et des ferronneries du XVIIIe siècle provenant d’hôtels détruits sont rapportées en guise de balcons. Le pavage de la cour de l’hôtel de Lacroix-Laval est refait et un avant-perron, construit.
Entre 1919 et 1925, le mur qui le sépare de l’hôtel de Villeroy est détruit ; il est remplacé par un escalier en pierre garni d’une rampe du XVIIe siècle et le jardin est alors transformé en parterre « à la française », d’après le dessin de l’architecte-paysagiste Édouard André.
Bien qu’inauguré le 20 juin 1925, plusieurs années sont nécessaires pour changer la destination des deux premiers niveaux de l’hôtel, tout en conservant à la demeure son caractère d’hôtel particulier. Certaines salles sont spécialement agencées de manière à accueillir les dons et les legs d’amateurs éclairés : le salon Biencourt, les salles de majoliques (Damiron), les salles Audras, par exemple. D’autres sont aménagées pour recevoir des boiseries rapportées (le cabinet dit « de Bernard Salomon », les boiseries de l’hôtel Juys et de l’hôtel de Regny) ou des meubles imposants (le plancher du vestibule d’entrée est alors remplacé par un dallage pour accueillir la fontaine en marbre).
Dans un article publié à titre posthume dans L’Illustration du 30 mai 1942 et intitulé « Un musée comme chez soi », le journaliste et écrivain Albéric Cahuet souligne que « la division intérieure des appartements, d’une noblesse mesurée, s’adapte au souci de bien-être intime auquel les Lyonnais ont toujours sacrifié l’apparat extérieur. » Saluant les principes qui ont présidé à l’aménagement des salles et à la sélection des objets qui y sont exposés, il ajoute : « Le plus difficile dans la réalisation d’un musée, ce n’est peut-être point d’y accumuler des richesses. La réussite suprême, c’est d’y composer une atmosphère. Un musée sans atmosphère retire la vie aux trésors qu’il expose. Triste comme une nécropole, il semble un reliquaire glacé de choses mortes. »
Après la Seconde Guerre mondiale et l’évacuation des collections, les travaux se poursuivent. Les combles sont réaménagés et des vasques en pierre surmontées de mascarons réalisés d’après des originaux en bois sont installées dans la cour de l’hôtel.
Bâtiment, cour et jardin sont depuis 1957 inscrits au titre des Monuments historiques.

Infos utiles Comment venir
Musée des Tissus et musée des Arts décoratifs, 34, rue de la Charité, 69002 Lyon - France Plan d'accès au MTMAD Horaires
Du mardi au dimanche
de 10 h à 18 h

Fermeture les lundis, jours fériés,
dimanches de Pâques
et de Pentecôte
Renseignements
- Téléphone : + 33 (0)4 78 38 42 00
- Télécopie : + 33 (0)4 72 40 25 12
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