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L'hôtel de Villeroy

​Aménagé au second étage du Palais du Commerce, le musée des Tissus y restera un peu moins d’un siècle et ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale que les collections seront transférées au 34, rue de Charité dans l’hôtel de Villeroy.
Contigu à l’hôtel de Lacroix-Laval, qui abrite dès 1925 le musée des Arts décoratifs, l’hôtel de Villeroy est construit dans la première moitié du XVIIIe siècle.
Le 27 juin 1729, Claude Bertaud de La Vaure, intendant des fortifications, architecte, ingénieur et voyer de Lyon, achète un terrain appartenant à Jean Métral de Rouville, seigneur de Sainte-Foy-L’Argentière où il projette de faire construire sa demeure. Les travaux débuteront à partir des années 1730, date d’ouverture de la rue Neuve de la Charité.
Claude Bertaud de La Vaure est notamment connu pour les façades du Grenier d’Abondance, actuelle Direction des Affaires culturelles de la Région Rhône-Alpes, construit entre 1722 et 1728 et affecté rapidement à un usage militaire (magasin d’artillerie, arsenal puis caserne) jusqu’en 1987.
L’hôtel de Bertaud, bel exemple du classicisme français, est le manifeste évident de la réussite de Claude Bertaud de La Vaure. Hôtel le plus remarquable de Lyon à l’époque, cet ensemble architectural présente un vaste porche d’entrée ouvrant sur une cour, un bâtiment de trois étages, composé de trois pans symétriques de neuf fenêtres, un jardin et une orangerie sur l’arrière aujourd’hui disparus.
En 1741, l’historien lyonnais André Clapasson le mentionne déjà dans sa Description de la ville de Lyon ; avec des notes sur les hommes célèbres qu’elle a produits : « on trouve à l’extrémité de la ruë [de la Charité], au coin du Rempart, la Maison que Mr. Bertaud, Voyer de la Ville a fait élever dans une heureuse situation ; les dedans en sont mieux décorés que le dehors, & le Vestibule & le Salon sont deux pièces qui méritent d’être vuës » (p. 18).
Suite à la révolte des ouvriers en soie et à l’occupation militaire de Lyon infligée par le Roi à titre de représailles, l’hôtel est réquisitionné dès les premiers mois de l’année 1745 par le Consulat pour être affecté au quartier général du comte de Lautrec, nommé au commandement de la ville pour réprimer la sédition le 25 février 1745.
Le 1er juin 1745, la ville impose à Claude Bertaud de La Vaure un bail forcé de six ans moyennant un loyer annuel.
Le duc Louis-François Anne de Neufville de Villeroy, gouverneur du Lyonnais, s’y installe dès le mois de novembre de la même année. L’hôtel, devenu alors résidence des gouverneurs du Lyonnais, prend le nom de « nouvel hôtel du Gouvernement » ou « Hôtel de Villeroy ». Il le restera durant tout le XVIIIe siècle. Le rez-de-chaussée est dès lors réservé à la réception, le premier étage au gouverneur et à son secrétaire, le deuxième étage aux officiers du nouveau gouvernement et les combles aux domestiques.
Le 3 avril 1775, le petit-fils du voyer, Claude Bertaud de Taluyers, vend l’hôtel à Joachim Baland d’Arnas, conseiller en la Sénéchaussée, et les archives de la transaction le décrivent ainsi « plusieurs corps de bâtiments composés d’écuries, de remises, boutiques, un étage au-dessus ; autre corps de bâtiment formant rez-de-chaussée ; un autre grand corps de bâtiments composés de caves, rez-de-chaussée, et de deux étages, cour et jardin ». La demeure retrouve alors sa vocation première jusqu’à la Révolution.
Après la Révolution, il devient successivement la maison et le pensionnat des Ursulines en 1811 et celle de Bonnet et Richard. En 1827, les ateliers de la Monnaie s’y installent. Lors de leur suppression, le gouvernement décide la vente de l’hôtel. Il est adjugé le 28 décembre 1863 à Jean-Marie-Amédée de Monterrad, un fabricant de soieries lyonnais. En 1872, il est cédé à une société spécialement formée pour fonder une école de commerce. Il abritera dès lors l’École de Commerce de Lyon et le musée colonial de la Chambre de Commerce au premier étage du bâtiment entre 1923 et 1939.
Dès l’automne 1945, les collections du musée des Tissus qui avaient été mises à l’abri pendant la Seconde Guerre mondiale au château de la Bâtie-d’Urfé sont rapatriées à Lyon par le ministère des Beaux-Arts, pour être exposées au Palais de la Bourse, après une campagne de travaux votés par la Chambre de Commerce. Néanmoins, la toiture en mauvais état de ce dernier constitue un frein à la nouvelle installation. Envisageant un programme bien plus vaste et le musée ayant bénéficié d’une attribution supplémentaire provenant de la liquidation du comité d’organisation du textile et de ses annexes, la Chambre de Commerce décida dans sa commission du 24 octobre 1945 d’installer les collections muséales dans l’Hôtel de Villeroy.
La première phase de travaux, les premiers et les plus importants que subirent le bâtiment depuis le XVIIIe siècle, débuta en 1946. La façade fut ravalée et le pavage de la cour refait. Un fronton triangulaire et une cimaise en pierre de taille, inexistants avant 1947, remplacèrent la simple corniche en bois d’origine, toujours visible sur la façade arrière de l’hôtel. Des garde-corps en fer forgé furent rapportés comme en témoigne un dessin de Pierre Martin en 1862. L’intérieur du bâtiment subit également quelques transformations pour faciliter la circulation des visiteurs et la mise en place du parcours muséographique. Certaines ouvertures furent obturées et certains murs percés. Enfin un escalier en pierre de taille fut installé au nord du bâtiment.
En 1960, il fut décidé d’agrandir la surface d’exposition, en détruisant une salle de théâtre acquise en 1953 et située entre l’hôtel de Cuzieu, l’hôtel de Villeroy et l’hôtel de Lacroix-Laval. Cette salle appelée « salle Blanchon » datant des années 1920 fut détruite, sa réhabilitation en surface d’exposition considérée comme peu rentable. La salle des Tapis, flanquées de trois autres salles de part et d’autre, fut inaugurée en décembre 1963 et permirent de doubler la surface d’exposition.
En 1963, une aile moderne fut construite sur un terrain contigu au musée.
Toujours dans un souci d’adapter le musée à ses nouvelles fonctions et missions et afin de pouvoir organiser des manifestations, on décida de transformer l’ancien foyer des étudiants de l’École de commerce, doté d’un toit en sheds, en salle d’exposition temporaire, dès 1978.
Enfin, la salle des Tapis fut rénovée en 1996 présentant désormais des parois inclinées pour une meilleure exposition des œuvres et un nouvel éclairage.

Infos utiles Comment venir
Musée des Tissus et musée des Arts décoratifs, 34, rue de la Charité, 69002 Lyon - France Plan d'accès au MTMAD Horaires
Du mardi au dimanche
de 10 h à 18 h

Fermeture les lundis, jours fériés,
dimanches de Pâques
et de Pentecôte
Renseignements
- Téléphone : + 33 (0)4 78 38 42 00
- Télécopie : + 33 (0)4 72 40 25 12
- Mail : info@mtmad.fr
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